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lundi 5 décembre 2022

1926 - Maupassant - La maison Tellier - illustré par Lobel Riche, épreuves, planche refusée, plein maroquin

 Guy de Maupassant ; Alméry Lobel Riche (illustrateur), La maison Tellier.

Paris, Javal et Bourdeaux, 1926. In-4, 88-[1]p.


Belle édition illustrée par Lobel-Riche, tirée à 375 exemplaires, le nôtre un des 100 sur vélin d’arches contenant 3 états des gravures - après 75 japon contenant 4 ou 5 états : l’état définitif (hors-texte ou in-texte) sur arches et deux états avec remarques, l’un en noir sur arches, l’autre en bistre sur japon.


Exemplaire enrichi de 5 états de la planche refusée dont 4 sur japon et 1 sur arches : un état simple en noir et quatre tirages avec remarques (un en noir sur japon, un en noir sur arches, un en bistre sur japon et un en noir et en partie colorié sur japon).


Exemplaire enrichi de 2 pages d’épreuves de l’édition à savoir deux états de la page 15, alors numérotée 12 sur les épreuves. On remarquera que la petite gravure en tête des pages et le cadre du numéro de pages sont alors en rouge, alors que dans l’édition, ce sera en vert. Le titre courant est lui aussi encadré en rouge sur les épreuves (cadre qui disparait de l’édition).


Provenance : Librairie Paul Gothier à Liège. L’exemplaire fut présenté sur le catalogue de cette librairie à l’occasion de son 155e anniversaire (1983).


Reliure signée Charles de Samblanx, reliure parlante, plein maroquin orange, dos à nerfs, filets dans les caissons et en encadrement des plats, décor sur le premier plat rappelant les lanternes des maisons closes, filets sur les coupes, dorures sur témoin, couvertures et dos conservés, étui bordé. Petits défauts à l’étui.


Magnifique exemplaire.


VENDU









1910 - Aristide Marie - Un imagier romantique, Célestin Nanteuil - avec dessin original, ex. Arthur Meyer

 Aristide Marie, Un imagier romantique, Célestin Nanteuil, Peintre, Aquafortiste et Lithographe.

Paris, L. Carteret, 1910. In-4, [8]-136-[4]p.


Edition originale, exemplaire nominatif imprimé pour Arthur Meyer, sans aucune autre mention à la justification. L’ouvrage est tiré à 300 exemplaires, tous sur papier vélin, comme le nôtre. Une seconde édition fut publiée par Floury en 1924.

Exemplaire enrichi d’un fusain originale de Célestin Nanteuil, signé C.N. en bas à gauche et portant un cachet (de collection ?) en bas à droite.


Provenance : Arthur Meyer (1844-1924) avec son ex-libris gravé en garde et sa marque sur le dos (un coq au dessus du phylactère « Je chante clair »). Exemplaire absent de sa vente en 1924.


Reliure signée Carayon, plein maroquin rouge, dos à nerfs, caissons décorés, bel encadrement sur les plats avec décor aux angles, filets sur les coupes, maroquin encadrant les contreplats avec huit filets, gardes moirées, doubles gardes marbrées, dorures sur témoins, couvertures et dos conservées. Modeste étui.


Magnifique exemplaire, probablement le plus bel exemplaire de cette édition.


1200 euros










1896 - Collectif - Féminies - gravures de Rops

 [Collectif] Octave Uzanne, Marcel Schwob, Abel Hermant, Gyp et Henri Lavedan ; Félicien Rops & Georges de Feure (illustrateurs) ; Féminies.

Paris, pour les bibliophiles contemporains, Académie des beaux livres, 1896. In-8, IV-208p.

Magnifique édition illustrée de huit gravures de Félicien Rops, chacune en 2 états, soit 16 gravures. Chaque conte commence par un frontispice en deux états. Les gravures de L’amour comme un sport ont été placées par erreur au début de La femme comme Paragon d’art. La couverture est de Georges de Feure, les encadrements de Léon Rudnicki, le titre de Krutké (gravé par Emile Gaujean).

Tirage unique à 183 exemplaires, ici le n°179, tous sur papier japon. Ouvrage nominatif (nom gratté).

Exemplaire enrichi d’un papier annonçant l’envoi de l’ouvrage aux membres non démissionnaires des bibliophiles contemporains ainsi que l’envoi prochain du dictionnaire bibliophilosophique.

Exemplaire enrichi d’un dessin ou d’une gravure, 68*26mm, sur papier japon, enchâssé(e) sur l’extérieur du premier plat, sous une feuille de mica (ou similaire), dans le goût de ce que faisait Rops au moment de Féminies sans que nous puissions attribuer un auteur à cette illustration. Lorsque l’exemplaire passé dans la vente Crisp, la fiche faisait bien état d’un dessin original, comme cela semble assez logique quand on enchâsse ainsi un dessin sur le plat. A l’inverse, l’aspect fait plutôt penser à une gravure. Aussi, sans démonter la reliure, il nous semble impossible d’être affirmatif, nous dirons donc gravure.

Provenance : Frederick Arthur Crisp (1851-1922) avec son ex-libris gravé (vente à Londres, Sothebys, 4 décembre 1922, n°69).

Reliure signée Dubois, probablement le relieur belge Dubois d’Enghien, plein maroquin bleu vert, dos à nerfs, filets sur les coupes, large roulette en bordure des contreplats, couvertures conservées. Dos passé, frottements et légers accrocs aux coupes.

Très bel exemplaire.


réservé









1884 - Georges Ohnet - Le maître de Forges - Exceptionnel exemplaire avec signature des acteurs

 Georges Ohnet, Le Maître de Forges.

Paris, Paul Ollendorff, 1884. In-8, [4]-130p.


Edition originale, un des 50 exemplaires « tirage spécial dans le format in-8° », ici le n°35, enrichi de la signature de l’auteur et de dix acteurs de la première dont tous les principaux acteurs : Saint-Germain, Damala, Landrol, Barbe, Jourdan, Seiglet, Libert, Jane Hading, Lina Munte & Laurence Grivot.


Le Maître de Forges est d’abord un roman publié en 1882. Second roman de l’auteur, il sera un de ses grands succès et fut donc rapidement adapté au théâtre comme d’autres romans d’Ohnet. La première eut lieu le 15 décembre 1883 au théâtre du Gymnase-Dramatique. Jane Hading tient sa renommée de son rôle dans la pièce, Claire de Beaulieu, principal personnage féminin. Cette œuvre fut aussi adaptée au cinéma à plusieurs reprises et Jane Hading joua d’ailleurs dans le film de 1912.


Reliure demi-chagrin brun à coins, dos à nerfs, tête dorée.


Très bel exemplaire en très bel état, exemplaire rare en tirage de tête et avec les signatures.


500 euros







1884 - Georges Ohnet - Le maître de Forges - Exceptionnel exemplaire avec 57 aquarelles d'Henriot

Georges Ohnet ; Henri Maigrot dit Henriot (illustrateur), Le Maître de Forges.

Paris, Ollendorff, 1884. In-12, 403p.


Seconde édition, un des 50 exemplaires sur papier hollande (n°4), exemplaire de l’auteur Georges Ohnet enrichi de 57 dessins originaux (plume et aquarelle) d’Henriot, le dernier daté 1885. Les dessins sont donc 20 dessins pleine page (feuillets ajoutés) et 37 dessins en tête et à la fin de chacun des 19 chapitres (sauf à la fin du XVe qui se termine en bas de la page). Le premier dessin pleine page est placé devant le titre, tel un titre gravé.

Cette seconde édition fut publiée au moment de l’adaptation théâtrale et prouve bien le succès important de cet ouvrage à l’époque.


Exemplaire enrichi d’une très intéressante lettre autographe signée de Georges Ohnet à Arthur Meyer, datée du 2 avril 1915 (2p in-8), à propos de la publication de l’ouvrage.

Provenances : Georges Ohnet (1848-1918) avec mention « appartient à Georges Ohnet » sur le faux-titre ; Arthur Meyer (1844-1924) avec son ex-libris gravé (n°440 de sa vente en 1924) ; Pierre Réveilhac (1876-ap.1940), écrivain et bibliophile avec son ex-libris gravé (portant le n°151) ; Librairie Giraud-Badin (catalogue de 1975, avec signature de Claude Guérin sur la garde et fiche tapuscrite jointe) ; Jean-Pierre Babut de Marès (1931-2019) avec un ex-libris aux armes (spécialiste de Félicien Rops).




Reliure signée Lanscelin, plein maroquin havane orangé, dos à nerfs orné avec pièces quadrilobées entre les nerfs et décor aux petits fers, plats avec décor de filets et petits fers, pièce quadrilobée au centre des plats, filets sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées sans le dos. Dos légèrement passé, modeste étui.



Exceptionnel exemplaire.


5000 euros

















1877 - Alfred Boivin - Manuscrit pour l’installation des sonneries électriques au château des Vaux - reliure de Lortic

 [Manuscrit, électricité] Arsène Boivin, « constructeur électricien », « sonneries électriques », Exceptionnel manuscrit pour l’installation des sonneries électriques au château des Vaux (Eure-et-Loir) et pour l’hôtel particulier du 89 rue du faubourg Saint Honoré.

Manuscrit in-8 (20*14cm), 61f.


Exceptionnel manuscrit détaillant l’installation des sonneries électriques dans tout le château des Vaux (f.3 à 35) et dans l’hôtel particulier parisien (f.44 à 60). Les feuillets ne sont écrits que sur le recto, sauf les feuillets 60 et 61 (V°60, R°V°61 forment la table). Ces systèmes, anecdotiques dans les années 1860, se développent dans les années 1870, avant de se généraliser dans les années 1880. Ce qui fait l’extraordinaire de notre cas est la complexité et donc la taille du système détaillée au f.35 pour le château : 151 boutons, 35 sonneries, 85 numéros de tableaux indicateurs, 16510 mètres de fils utilisés, etc. Le même détail n’est pas donné pour l’hôtel particulier parisien, qui n’en demeure pas moins une installation importante (58 boutons, 12 sonneries).


Ce manuscrit a été offert par l’électricien à la marquise d’Aligre, née Marie-Charlotte de Préaulx (1854-1926), seconde épouse d’Etienne de Pomereu d’Aligre (1813-1889). Un tel cadeau prouve d’ailleurs l’importance de cette installation. 

Le manuscrit commence par une page de dédicace de l’électricien au premier feuillet : « à Madame la Marquise d’Aligre, Hommage de profond respect, A. Boivin. Electricien ». Le second feuillet est un dessin original représentant les armes de la marquise, Pomereu d’Aligre et Préaulx, dessiné par Paul Faure (un inconnu). La suite détaille donc les deux installations, avec quelques feuillets blancs entre les deux parties (f.36 à 43).


On apprend aussi qu’un architecte, Delarue, a dirigé Boivin pour le château des Vaux. Delarue est probablement l’architecte (ou un des architectes) qui a dirigé les transformations du château à cette époque. Ce château, une des très nombreuses propriétés du marquis d’Aligre (il en avait une centaine à l’époque), et la plus belle, resta la propriété de la marquise jusqu’à sa mort en 1926. Le château fut racheté par les Apprentis d’Auteuil en 1946 et demeure leur propriété.


Le manuscrit mentionne aussi un architecte à Paris, E Thibault, probablement celui qui a fait construire cet hôtel particulier parisien qui n’existe plus.

Arsène Boivin (1840-1892) était un électricien qu’on piste un peu partout et un pionnier du sujet, on le retrouve pour diverses choses ou évènements en rapport avec l’électricité depuis la fondation de son entreprise en 1863 jusqu’à son décès : 

  • Exposant à l’importante et fameuse Exposition internationale d’électricité. Le Catalogue général officiel de cette exposition montre bien son importance puisqu’il y est cité à plusieurs reprises :
    • Paratonnerres, sonneries électriques, thermomètres électriques, alarmes incendie, cible électrique (pour le tir), tableau indicateur,  etc.
    • Plusieurs électriciens proposent des systèmes Boivin (avertisseur, cible électrique)
    • Mention d’une « exposition Boivin » avec reproduction de son appareil d’alarme incendie (p.186)
  • Notons aussi que la Chambre Syndicale des entrepreneurs de sonneries électriques, à air, porte-voix et paratonnerres est fondée en 1881. Boivin en a vraisemblablement fait partie.
  • Membre fondateur de la Société internationale des électriciens en 1884.
  • Il eut différentes décorations : chevalier de l’ordre de Saint Grégoire le Grand en 1882, chevalier de seconde classe de l’ordre de Nichal Iftikhar, chevalier de la Légion d’Honneur en 1885. Il eut des dizaines de médailles aux expositions, souvent en or (Merbourne 1881, Amsterdam 1883, Anvers 1885, …).
  • Le fils Henri-Arsène puis P. et L. Haegel reprendront l’activité (jusque dans les années 20?). 


Reliure signée Lortic (sur le contreplat et étiquette en garde), plein maroquin rouge brique avec décor aux petits fers, fers représentant des oiseaux et des libellules, dos au petits fers reprenant notamment les oiseaux, doublé de maroquin bleu avec lion et soleil répétés en alternance sur l’entièreté des contreplats, gardes de moire bleue, doubles gardes marbrées, tranches dorées.

Reliure conservée dans sa boite recouverte de maroquin rouge brique à l’extérieur et de moire bleue à l’intérieur, avec un peu de velours sur le tour pour protéger le volume. Petit défaut sous l’étui.

Notons que le bleu est la couleur de fond du blason d’Aligre et rouge de celui de Préaulx. Le soleil est le meuble du blason d’Aligre et le lion celui de Préaulx.

Exceptionnel document.


VENDU











ca.1864 - Bescherelle - Herbier de mousses des environs de Paris

 [Herbier de mousses] Emile Bescherelle, Mousses récoltées aux environs de Paris dans un cercle de 100 kilomètres de rayon comprenant les départements de la Seine, de Seine et Oise, de l’Oise, de Seine et Marne et une partie de l’Aisne, de l’Eure, d’Eure et Loir et du Loiret.


Manuscrit & mousses, avant 1864, in-4, 30 planches comprenant 240 mousses.

Exceptionnel document, probablement unique, regroupant toutes ces mousses, offert par Bescherelle (1828-1903), éminent bryologiste, à Guillaume-Philippe Schimper (1808-1880), autre éminent bryologiste, le 6 juillet 1864. Il est  nommé ici W. Schimper, pour Wilhelm, et est l’auteur d’un important traité sur les mousses, Bryologia europaea, en 6 volumes, qui lui valut le surnom de Moos-Schimper (ce qui permettait aussi de le distinguer de ses cousins Schimper, eux-aussi botanistes et naturalistes).


Les légendes semblent toutes de Bescherelle, sauf pour les quelques mousses ajoutées (probablement par Schimper)


Cartonnage pleine percaline d’époque, une planche détachée. Il est possible qu’il manque quelques feuillets mais c’est difficile à dire. Beaucoup d’onglets sont présents, sans avoir eu de planche, pour donner probablement un peu d’épaisseur au volume et éviter d’écraser les mousses.

Type d’herbier très rare, quasiment sans équivalent par le sujet pointu étudié ici.


1200 euros.