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lundi 20 juin 2022

1775 - [Anjou] Thomasseau de Cursay - Le Guerrier sans Reproche

 Jean-Marie-Joseph Thomasseau de Cursay, Le Guerrier sans Reproche, récit tiré des collections historiques & généralogiques de MM. Poullain & des Avaux : Louis Thomasseau de Cursay au XVIe siècle natif d’Angers.

Paris, s.n., 1775. In-8, 13-[3bl]p.


Edition unique de ce petit ouvrage. L’auteur est vraisemblablement le descendant du médecin dont il est question ici et il tire ses informations des collections de Nicolas Poullain et André Félibien des Avaux. Il y reproduit notamment une lettre de son aïeul au duc de Guise qui voulait le charger du massacre. Datée du 13 août 1572, soit 11 jours avant le massacre, cette lettre contient le refus clair de Cursay d’« exercer un office aussi odieux & si contraire à l’humanité ». Il donne aussi la généalogie de la famille dans laquelle on voit que Cursay avait épousé Elisabeth-Henriette du Bellay, nièce du grand écrivain. Il fut aussi celui qui reprendra le château d’Angers aux huguenots en 1585. Il fit donc partie des rares officiers à avoir refusé de prendre part au massacre mais ne fut pas bien vu des huguenots pour autant à cause de la prise du château.


Joli vignette sur le titre, signée Auvray, avec la devise « Ob cives servatos » (pour avoir sauvé les citoyens) et deux dates : 1572 et 1585.


Broché, sous couverture muette. Rousseurs à la couverture, au premier et au dernier feuillet.


Plaquette rare. Seulement 5 exemplaires conservés dans les collections publiques dont 2 en France (BnF et Chambéry).


300 euros.






mercredi 6 avril 2022

1775 - Jacques Ballexserd - Ouvrage sur la mortalité infantile

Jacques Ballexserd, Dissertation sur cette question : Quelles sont les causes principales de la mort d'un aussi grand nombre d'Enfans & quels sont les préservatifs les plus efficaces & plus simple pour leur conserver la vie?

Genève, Isac Bardin, 1775. Petit in-8, 168p.


Très rare édition de cet ouvrage posthume du citoyen de Genève Jacques Ballexserd (1726-1774). Bien que couronnée en 1772 par l’Académie Royale des Sciences de Mantoue, cette dissertation ne fut publiée qu’en 1775. Toutefois, il existe deux éditions en 1775 et nous pensons que la nôtre est la contrefaçon en raison des ornements typographiques remplaçant les petites gravures (sur le titre, en bandeau ou en cul-de-lampe). Cette édition est visiblement plus rare que l’originale.

L’ouvrage fait partie des premiers ouvrages s’intéressant à la mortalité infantile. Le texte fut très bien reçu immédiatement et le succès auprès de l’académie de Mantoue le prouve : comme elle ne couronnait que des textes en italien, elle en fit faire une traduction pour le couronner. Cette traduction fut publiée à Mantoue dès 1773. Elle fut aussi publiée en Allemand à Strasbourg et à Bern en 1776 sous deux titres différents sans que nous sachions si ce sont deux titres différents. Il y eut aussi une autre édition à Marseille en 1777.


Ballexserd donne les raisons de la mortalité infantile : « la débilité héréditaire ou acquise de nos père et mère », les nourrices, l’emmaillotement des enfants et le sevrage prématuré. Il préconise une forme de retour à la nature et donc l’évitement des « médicaments végéments, [des] drogues tumultueuses ».

Le docteur Vincent-Pierre Comiti, dans son article « Eléments historiques de l’utilisation de la méthode statistique en médecine », voit aussi le pré-darwinisme de Ballexserd avec cette «  imbrication de l’inné et de l’acquis à l’échelle de l’individu », citant ce passage de l’ouvrage :

« Tous les vices du corps, je dirois presque aussi tous les vices de l'ame, se transmettent, se perpétuent par la génération. Soit que le germe de l'embryon soit un globule élastique ou un assemblage de molécules organiques vivantes, soit qu'il soit préexistant á la fécondation, comme on l'a pensé depuis avec plus de probabilité, toujours est-il certain qu'il doit teñir des qualités de la lymphe prolifique, qui prenant sa source dans le sang, & en étant comme l'essence, doit nécessairement participer de sa nature. Or si le sang est infecté de quelque levain particulier morbifique, l'humeur génitale sera aussi viciée ; & par conséquent le germe qui en proviendra, ou plutót qui sera fécondé par elle, participera immanquablement de l'altération de cette liqueur »(p.11-12 de notre édition).


Un seul exemplaire de cette édition conservé dans les bibliothèques publiques (British Library).


Demi-veau cerise à coins, dos lisse avec fleurons à froid et roulettes, tranches marbrées. Petits frottis, découpe sur la page de titre.


Bel exemplaire, rare.


600 euros







lundi 19 mars 2018

baron d'Holbach - L'Antiquité dévoilée - 1775

baron d'Holbach & Nicolas-Antoine Boulanger, L'Antiquité dévoilée par ses usages ou Examen critique des principales opinions, cérémonies et institutions religieuses et politiques des différens peuples de la terre.
Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1775. 3 volumes in-8, [6]-X-310p, [4]-330-[2]p & [4]-330-[2]p.

Nouvelle édition de ce fameux texte formant les trois premiers volumes des œuvres complètes de Boulanger. Si le manuscrit qui a servi à écrire cet ouvrage est bien de Boulanger, il est aujourd'hui admis qu'Holbach a entièrement réécrit l'ouvrage et veut ainsi montrer la superstition, l'intolérance et le despotisme politique et surtout religieux. 

Reliure pleine basane, dos lisse orné, pièces de titre et tomaison maroquin, tranches marbrées. Manque en bas d'un dos, une autre coiffe abîmée, deux plats fortement épidermés. Exemplaire modeste mais solide, papier bien conservé.

Important ouvrage matérialiste.
VENDU






[Droit] Mémoire pour le sieur Thierry, Exempt de Robe-Courte - 1775

[Droit], Mémoire à consulter et consultation, pour le Sieur Thierry, Exempt de Robe-Courte. Contre les Officiers de cette Compagnie.
Paris, Ph.D. Pierres, 1775. In-4, 39p.

Intéressant document autour de la Compagnie de Robe-courte, institution chargée de la surveillance des prisons et la sûreté de Paris. 
Dans ce document, Thierry veut se défendre. "Je gémis depuis cinq années &  plus dans un abîme d'avilissement, de misère, de déshonneur & d'opprobre où m'ont précipité mes propres camarades". Il a en effet été chassé pour vol et escroquerie. Tout était parti d'un vol de montre chez un prêteur sur gages. Accusé, il fit 4 mois de prison, et découvrit après que le vol était l'oeuvre du garçon de boutique du prêteur. N'arrivant pas à être réhabilité, ses ennemis réussirent à obtenir une lettre de cachet, le 11 septembre 1774, qui l'exila à trente lieues de Paris. Il apporte une dizaine de pièces justificatives.

Reliure bradel demi-parchemin (début XXe), titre à l'encre, rousseurs aux deux derniers feuillets.

Intéressant document.
Prix : 100 euros (contact : benoit@troisplumes.fr)