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lundi 7 novembre 2022

1733 - Philippe Hecquet - Le naturalisme des convulsions

 Philippe Hecquet, Le naturalisme des convulsions [3 parties].

Soleure, Andreas Gymnicus, à la Vérité, 1733. In-12, [2]-198-35-[1bl]-195-[1bl]-102-79p.

Edition originale complète de ce rare recueil, contenant bien les trois parties avec les deux textes supplémentaires qui doivent s’y trouver : « Réponse à la lettre à un confesseur touchant le devoir des Médecins & des Chirurgiens, au sujet des Miracles & des Convulsions » (35p.) et « La Cause des Convulsions finie » (79p.).

Les sous-titres des différentes parties donnent bien une idée de l’esprit de Hecquet, pieux janséniste niant la réalité des convulsions : Dans les Maladies de l'Epidémie Convulsionnaire - Démontré par la Physique, par l'Histoire Naturelle, & par les évenemens de cette oeuvre. Et démontrant l'impossibilité du Divin qu'on lui attribuë dans une Lettre sur les Secours Meurtriers - Le Mélange des Convulsions, confondu par la Naturalisme.

Dorbon (2109) nous en dit : « Dans ces ouvrages, Hecquet, doyen de la Faculté de médecine de Paris, montre la différence qu'il y a entre les miracles et les gestes des Convulsionnaires qui sont personnes qui ont le genre nerveux plus tendre, plus sensible, ou plus facile a ébranler, soit par nature, par accident, ou par maladie, soit par quelque affaiblissement arrivé aux nerfs par l'étude, la contention d'esprit, ou par la méditation ». Caillet (II, 5018,5021) sera encore direct : « Hecquet se montre l'adversaire impitoyable des folies superstitieuses de son temps ». Hecquet voyait notamment dans ces manifestations celle de corps perturbés par leur propre sexualité, en particulier chez les femmes dont ce serait une prédisposition pathologique.

Un seul exemplaire passé récemment sur le marché (ex. Jacques Lacan, vente Audap, 19 octobre 2021, n°56) avec toutefois une variante sur la page de titre du tome 1 (autre édition ? Ou premier tirage avant la deuxième partie ?).

Pleine basane, dos à nerfs orné, pièce de titre maroquin, tranches rouges. Coiffes manquantes, petite fente en pied du mors supérieur, petits manques de cuirs notamment aux coins et coupes, papier jauni, petite mouillure marginale sur une centaine de pages (caressant légèrement le texte à la fin).

Ouvrage d’une grande rareté.


VENDU







lundi 19 mars 2018

Philippe Hecquet - Le brigandage de la Chirurgie - 1738 - Pamphlet Médecine

Philippe Hecquet, Le brigandage de la Chirurgie ou la Médecine opprimée par le brigandage de la Chirurgie [suivi de] Le brigandage de la Pharmacie.
Utrecht, Sœurs de Corneille Guillaume Le Fevre, 1738. 2 parties en 1 volume in-12, [2]-VIII-22-32-214-[2]-110p.

Edition originale posthume de ces pamphlets qui se trouvent nécessairement ensemble. Ecrits dès 1733, ils ne furent publiés qu'en 1738, après la mort d'Hecquet. Ayant publié son premier pamphlet en 1732, il fut navré du retentissement que cela fit contre les médecins et voulut ainsi équilibrer la balance. Voir à ce sujet la fiche sur Le brigandage de la Médecine.

Reliure pleine basane mouchetée, dos à nerfs orné, pièces de titre maroquin, tranches rouges. Petit défaut à un coin, petite fente sur 1cm en tête du mors supérieur, coiffe inférieure arasée.

Bon exemplaire. Peu commun.
VENDU




Philippe Hecquet - Le brigandage de la Médecine - 1732 - Pamphlet

Philippe Hecquet, Le brigandage de la Médecine dans la manière de traiter la petite vérole et les plus grandes maladies par l'émétique, la saignée du pied et le kermès minéral, avec un traité de la meilleure manière de guérir les petites véroles par des remèdes & des observations tirée de l'usage.
Utrecht, Corneille Guillaume Le Febvre, 1732. 2 volumes in-12, 207-41p & [2]-246p.

Edition originale de cet important pamphlet. Philippe Hecquet, qui fut élu doyen de la Faculté de Médecine de Paris en 1712, était un médecin réputé, janséniste rigide voire fanatique selon certains. Ce pamphlet mit en émoi la quasi-corporation que constituait la Faculté. En effet, cette époque était tendue entre médecins et chirurgiens et donc le pamphlet était inopportun. Les médecins le firent saisir et prirent comme arbitre le premier médecin du roi. 
A l'époque de la parution, Hecquet était déjà infirme et à demi-paralysé (depuis 1726 en fait, année pendant laquelle il se retira dans le couvent des Carmélites). Il critique ici ses jeunes confrères adeptes de iatrochimie, vision alchimique de la médecine, les traitant de philosophes mitron et de médecins bouillans de levain. Cette diatribe qui ne voulait pas être un argument pour les chirurgiens le fut néanmoins. Hecquet en fut navré et rédigea dès 1733 un brigandage de la Chirurgie qui ne fut publié qu'en 1738.
Néanmoins, il marqua profondément son époque. Ainsi, Lesage, dans Gil Blas, moque la médecine sous le portrait de Philippe Hecquet devenu le docteur Sangrado, dont les principes médicaux se résument à la saignée. Hecquet se fit saigner plusieurs fois le jour même de sa mort. En 1748, 11 ans après sa mort, fut aussi publié un pamphlet contre lui : Réception du docteur Hecquet aux enfers.

Reliure pleine basane mouchetée, dos à nerfs orné, pièces de titre et tomaison maroquin, tranches rouges. Petits défauts aux coins, à une coiffe et en pied d'un mors. Beau papier bien conservé.

Edition originale rare, très bel exemplaire.
Prix : 450 euros (contact : benoit@troisplumes.fr)